Le nom anglais de la plante (butcher's broom (balai du boucher)) vient du fait que les bouchers européens utilisaient ses tiges pour balayer le plan de travail de débitage des viandes, non seulement à cause de leur rigidité et de leur solidité, mais également parce qu’on pensait que l'huile essentielle que renferme le fragon inhibait la prolifération bactérienne et contribuait à éloigner la vermine et les souris.
Très utilisé dans l'Antiquité comme diurétique, pour soulager les menstruations douloureuses et désengorger les enflures d'origine veineuse, le fragon fut aussi longtemps utilisé en Europe pour le traitement de la constipation, des troubles urinaires et des douleurs abdominales. La plante est pratiquement tombée dans l'oubli au début du XXe siècle. Les propriétés fortement vasoconstrictrices de ces composés permettaient de justifier l'emploi de la plante dans le traitement de divers troubles d'origine veineuse, notamment l'insuffisance veineuse des membres inférieurs (jambes lourdes et enflées, varices, etc.) et les hémorroïdes.
Dès lors, on a vu apparaître dans le commerce diverses préparations pharmaceutiques à base de fragon pour traiter l'insuffisance veineuse, les varices, les hémorroïdes et les oedèmes, sous forme de comprimés, de gélules, d'ampoules buvables et de suppositoires, ainsi que des crèmes ou onguents pour usage topique.